Dans un désastre comme un tremblement de terre, que des gens sont engloutis et d'autres sont disparus. Il n'y a pas un seul foyer qui pleure pas un bien-aimé perdu sous les décombres. Ces gens ont le visage couvert de larmes et la plupart du temps ils disent : "Tout ce que nous pouvons faire, c'est espérer." "Espérer" : c'est souvent un mot plein de désespoir.
Faire appel à l'espérance peut s'avérer périlleux. on peut dire que "l'espoir fait un bon déjeûner mais un mauvais dîner". Parfois l'espérance n'est qu'illusion ; parfois elle est le domaine des insensés, celui illustré par le personnage qui gaspille son argent sur des billets de loterie. Ce serait intéressant de savoir combien de médecins, de comptables, d'avocats achètent ces billets. Ceux qui connaissent les probalités n,achètent pas, justement. Le système est fait pour de la cupidité, du désespoir, et de l'ignorance de ceux qui espèrent gagner. Quelqu'un gagne, effectivement, mais ce "quelqu'un" est très rare.
Un insensé a de l'espoir en raison de son ignorance, de sa paresse, ou des deux. Un homme désespéré a de l'espoir parce que la réalité est trop dure. Un homme sage espère parce que sa raison l'exige. Nous pouvons endurer les difficultés lorsque nous avons une raison de croire qu'à l'avenir, les choses iront mieux. L'espoir que Pierre met devant ses lecteurs est celui de l'homme sage.
Que doit dire un dirigeant spirituel à des personnes récemment venues à Christ et déjà appelées à souffrir pour son nom? Ils ont commencé la nouvelle vie avec joie, dans l'attente de l'espérance bénie ; mais ils ne pensaient pas être rejetés par leurs prochains, inquiétés par les autorités et privés des nécessités de la vie. Pierre fait appel à leur espérance. En effet, il emploie le mot trois fois dans le premier chapitre (vs. 3, 13,21) et encore deux fois au chapitre (3.5, 15). On appelle parfois cette lettre "l'épître de l'espérance" et Pierre "l'apôtre de l'espérance". Ceci est peut-être une exagération, étant donné que Pierre ne fait pas plus souvent appel à l'espérance que Paul (qui mentionne le mot quinze fois, par exemple, dans les chapitres 5, 8, et 12 de l'épître aux Romains). Mais c'est un fait que l'idée de l'espérance domine le chapitre 1 de cette première épître de Pierre. L'espérance chrétienne est fermement liée à la fin des temps, la venue du Seigneur et la fin de toutes choses (1.5, 7, 9, 13).
Les lecteurs de Pierre savent que Jésus est ressuscité d'entre les morts et qu'ils ont été régénérés pour une espérance vivante, dans le règne du Christ (1.3, 21).
Qui a part à cette espérance vivante ? Selon Pierre, elle est pour ceux qui sont "régénérés" (1.3). La TOB dit que Dieu nous a "fait renaître", et le FC traduit que Dieu nous a "accodé une vie nouvelle". Pierre dit exactement ce que Jésus a dit avant lui, trente-cinq ans pls tôt. Une espérance vivante résulte d'une naissance d'eau et d'esprit (Jn 3.5). Cette phrase se réfère au baptême, car on naît de nouveau lorsqu'on sort de l'eau, après avoir été joint au Seigneur dans le baptême. On touche le sang du Christ dans les eaux du baptême, et à ce moment on naît de nouveau "par la parole vivante et permanente de Dieu" (1.23).
Quelle est cette espérance vivante devenue le but des chrétiens ? Selon Pierre, il s'agit d'un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir (1.4). Le mot grec traduit "héritage" se réfère à l'acceptation de sa part. La part du chrétien est celle d'un héritier. En Galates 4.1-7, Paul établit un contraste entre l'héritage d'un serviteur et celui d'un fils. En Christ, nous recevons une pleine portion de l'héritage réservée par Dieu à ses fils et ses filles.
L'idée d'un héritage dans le ciel portait peut-être plus de poids pour les lecteurs de Pierre que pour nous. Le retour du Seigneur et l'héritage dans le ciel ne nous intéressent pas autant que le montant des soins médicaux ou notre projet d'installer sono qui impressionnera les voisins. Est-il possible de nos jours que des hommes et des femmes saisissent la perspective qui leur permettre d'attendre avec joie l'accomplissement de la promesse céleste ? Pierre répond : Une bonne perspective sur "le salut prêt à être révélé dans les derniers temps" (1.5), sur la louange, la gloire et l'honneur de la "révélation de Jésus-Christ" (1.7), et sur "la grâce qui (...) sera apportée" lors de ctte révélation (1.13), nuancera chaque triomphe, chaque défaite, chaque but, chaque joie, chaque tristesse de notre vie ici-bas. La meilleure manière de guérir un coeur ancré dans le monde est de réfléchir sur la fin des temps.
Que peut-on dire aux chrétiens qui souffrent à cause de leur foi ? Il serait normal de les appeler à l'espérance et non à la joie. Mais malgré cela, Pierre leur rappelle instamment leur joie en Christ : "Vous en tressaillez d'allégresse" (1.6). La phrase en grec est pleine de superlatifs. Que signifie toute cette célébration ? Pierre dit, en somme : "Le Fils de Dieu vous aime, et vous en êtes venus à l'aimer aussi. Il a donné sa vie pour vous racheter de vos péchés. Même en ce moment, au milieu de vos souffrances, vous recevez de lui la fin de votre foi, le salut de vos âmes. Vous pouvez donc tressaillir d'allégresse."
Une des hérésies enseignée dans des études et des prédications bibliques est celle qui prétend qu'aux bons il n,arrive que du bien. On prêche que chaque personne fidèle peut s'attendre à avoir des enfants obéissants et respectueux, une belle voiture, une maison confortable. J'aimerais bien que cette philosophie soit vraie, mais le fait est que ceux à qui Pierre s'adresse sont dans la souffrance. Pour certains, leurs biens leurs ont été enlevés ; pour d'autres, leurs propres enfants les ont reniés. Au milieu cde tout cela, l'apôtre dit : "Ne laissez pas les circonstances vous dérober votre joie. Les récompenses sont plus grandes que les troubles."
Il est vrai que le Christ nous accorde de vivre la meilleure vie possible dans ce monde ; mais sa manière de faire cela est est de diriger nos pensées cers ce qui est éternel. En lisant 1 Pierre, nous ne pouvons ne pas voir que l'apôtre vise toujours l'idée de l'éternité. "Vous ne l'avez peut-être pas vu de vos propres yeux, dit-il, mais vous avez cru en lui et par la foi vous obtenez le salut de vos âmes." il existe plusieurs réalités capables de nous rappeler constamment des choses éternelles : le jour de sa visite" (2.12) ; Jésus "à la droite de Dieu" (3.22); Dieu qui est "prêt à juger les vivants et les morts" (4.5); "la fin de toutes choses" qui est proche (4.7); "la révélation de sa gloire" (4.13); l'apparition du "souverain pasteur" (5.4). Lorsque nous gardons nos yeux sur l'éternité, ce monde avec ces petites défaites et ses petits triomphes, devient tout à fait insignifiant. Connaître le Christ, c'est réorienter sa vie. Il nous offre une nouvelle perspective qui inonde de joie une terre autrement morne.
À ses lecteurs, Pierre rappelle les prophètes qui écrivirent sur la naissance, la vie et les enseignements du Christ. leur ministère constitue un témoignage universel contenu dans le Nouveau testament. Il est possible que Pierre se réfère au témoignage de l'Ancien Testament dans le même sens que Jésus en Luc 24.27, mais il est possible en même temps qu'il parle aussi des prophètes de la nouvelle alliance. Quoi qu'il en soit, il est certain que Dieu envoya ses messagers afin de préparer ses élus, son peuple choisi pour recevoir un héritage. Les prophètes servirent ainsi les lecteurs de Pierre, leur donnant de quoi endurer les calomnies des impies. Nés de nouveau, ils sont devenus les bénéficiaires de la bénédiction déterminée par Dieu -- une bénédiction annoncée par l'Esprit Saint envoyé du ciel, une bénédiction glorieuse.
Les aproles de Pierre posent un fondement et incitent les chrétiens à se souvenir des grands principes fondamentaux de leur foi. L'espérance vivante à laquelle ils sont appelés par la résurrection du Christ suffit largement pour compenser toute souffrance. L'espérance et la promesse de Dieu leur donnent une raison d'une allégresse que le monde et ses obstacles ne peuvent effacer. Avant tout, Pierre leur rappelle que c'est pour eux que les prophètes ont travaillé. Ces chrétiens sont les héritiers du dessein éternel de dieu pour son peuple. La lettre de Pierre, écrite il y a presque deux mille ans, porte toujours un message qui inspire le peuple de Dieu. L'opposition que nous rencontrons n'est peu de chose en comparaison avec notre espérance et la promesse de la gloire. Tout ce que Pierre veut nous dire dans cette lettre est à prendre à la lumière de la joie que nous ressentons à la pensée d'appartenir à Christ.
"TOUTES LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT !" (Rm 16.16b)
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