Quel étrange paradoxe ! Cette génération milite pour l'égalité des sexes, avec pour résultat que souvent les femmes sont plutôt perdantes, alors qu'elles avaient déjà gagné ! Les sexes ne sont pas "égaux". Les femmes ont toujours les enfants et les hommes font toujours la guerre. Nous pouvons, au nom de l'égalité, envoyee les femmes à la guerre ; mais les hommes ne peuvent toujours pas avoir des enfants. Les différences naturelles et sociologiques ne favorisent pas toujours les hommes ou les femmes. Par exemple, que ce soit pour des raisons de pression psychologiques ou de faiblesse physiologique, les hommes ont tendance à mourir plus jeunes que les femmes. La société et la nature imposent sur les hommes et les femmes des fardeaux différents et inégaux ; il est donc insensé de faire de ces inégalités un motif de "guerre entre les sexes".
Aucune législation, aucun programme de sensibilisation du public n'éliminera les fardeaux que doivent porter les hommes en tant qu'hommes, ou les femmes en tant que femmes. Chacun a son rôle à jouer par rapport à l'autre et par rapport au monde. Ce que Pierre encourage est un respect des différences émotionnelles et physiologiques, dans un contexte de considération mutuelle.
En 3.1-6, Pierre s'adresse aux femmes ; en 3.7 il s'adresse aux hommes. Bien qu'une certaine inégalité est évidente dans le nombre différent de versets, il n'est pas facile de déterminer qui est favorisé par cette inégalité. Si nous avons tendance à croire que les commandements de Dieu sont plutôt limitatifs et lourds, nous conclurons sans doute que les remarques de Pierre favorisent les hommes. Par contre, si nous reconnaissons l'Écriture comme la volonté divine donnée par le Saint-Esprit pour le bien de ceux à qui elle s'adresse, nous pourrions conclure que Pierre favorise les femmes. Ses instructions aux femmes peuvent se résumer en quatre points.
SOUMISSION
Pour commencer, Pierre dit : "Vous de même, femmes, soyez soumises chacune à votre mari" (3.1). Plus haut, il avait exhorté ces chrétiens à se soumettre à l'autorité humaine (2.13) et les serviteurs à se soumettre à leurs maîtres (2.18). La phrase "de même" attire notre attention sur le lien entre ces pensées et l'exhortation aux femmes. La soumission fait donc partie de la vie. Toute situation imliquant une plurialité de personnes exige que quelqu'un dirige ; si celui qui dirige n'est pas le meilleur, il vaut mieux que le deuxième ou troisième meilleur dirige plutôt que personne ne le fasse.
Sans la soumission, l'autorité, elle, n'existerait pas non plus. Les paroles de Pierre suggèrent que la femme dispose d'un choix dans l'affaire. J'ai connu certains foyer dans lesquels la femme n'avait aucune option de la sorte. Soit la femme se soumettait à son mari, soit elle appelait son avocat. Le mari dont la femme choisit d'être soumise est un homme béni. Quand Pierre dit à la femme de se soumettre, il dit, en fait : "Permettez au mari de diriger votre famille." Un homme chrétien aura du mal à être le chef de la famille si sa femme en a décidé autrement.
Se soumettre, que ce soit aux gouvernements, aux maîtres, ou aux maris, c'est accepter un certain rôle dans l'ordre des choses sans mettre en cause ni sa valeur personnelle, ni son intelligence, ni ses compétences. Quand Pierre demande la soumission de la part de la femme, il suppose que le mari n'est pas chrétien. Comme les bonnes oeuvres et le comportement docile des chrétiens doivent faire glorifier Dieu par les païens (2.12) et faire taire les ignorants (2.15), ainsi le même comportement chez les femmes doit aider à gagner leurs maris pour Christ. Comme de nos jours, il semble qu'à l'époque de Pierre également, les femmes s'ouvrirent plus facilement que les hommes au message de l'amour et la grâce de Dieu. Sans doute beaucoup d'hommes vivront éternellement dans les cieux parec qu'ils ont pu observer les fruits de la vie chrétienne dans le comportement obéissant de leur femme.
PURETÉ
En 3.2, Pierre décrit l'influence des femmes surleur mari : "[Ils verront] votre conduite pure et respectueuse". Une conduite pure est libre de toute suggestion d'immodestie ou de comportement inapproprié. C'est peut-être injuste, mais les hommes ont tendance à élever les femmes qu'ils aiment à des niveaux impossibles de bonté. Ils veulent voir en leur femme , mère, soeur, la personnification de la vertu et de la pureté. On a beau l'appeler du machisme, c'est un fait que les hommes respectent une femme qui garde son affection et son intimité pour celui qui partage sa vie. La femme qui ne vit pas une vie pure est perdante. Celle qui reste pure gagnera le respect et l'admiration de son mari.
RESPECT
Le respect donné par une femme à son mari peut aussi amener de dernier à Christ. Le mot traduit "respectueuse" veut dire, littéralement, "craintive", du genre de crainte qui décrit la personne devant Dieu, dans l'émerveillement et la soumission. Le respect n'est pas une chose que la femme peut allumer et éteindre à volonté, comme une prise électrique. Quand elle met la gentillesse, la diligence et la prévenance au placard avec ses vêtements du dimanche, son manque de respect deviendra problématique. La crainte de Dieu sera évidente dans la langage, la piété, la prière et l'amour chrétien que la femme mettra en oeuvre en privé et en public.
PARURE INTÉRIEURE
Quand Pierre écrit : "N'ayez pas pour parure ce qui est extérieur : cheveux tressés, ornements d'or, manteaux élégants" (3.3), il n'interdit pas de se peigner ou de porter des bijoux. Il appelle les femmes à une perspective équilibrée. Être bien soignée et attrayante est bien ; négliger "la parure cachée du coeur, la parure personnelleinaltérable d'un esprit doux et tranquille", en faveur des vêtements, des bijoux, ou des "cheveux tressés", c'est commettre un suicide spirituel. La femme envoie un signal précis, conforme à sa manière d'être. Si elle fait appel à ce qui est purement physique, elle ne tournera probablement pas le coeur de son mari vers le Seigneur ; c'est son caractère modelé sur Christ, son esprit doux et tranquille, son respect et sa pureté, qui auront l'effet escompté.
Comprenons : Pierre ne rend pas la femme responsable de l'éventuelle conversion de son mari. Certains hommes sont tellement mauvais -- et d'autres tellement indifférents -- que leur femme ne peut avoir aucune influence sur eux. Pierre dit seulement qu'une femme consciencieuse et sainte voudra que son mari partage sa foi et son espérance.
Pierre demande aux femmes un discernement extraordinaire, une grande patience, et de la bonté. Il n'était pas le seul à apprécier la discrétion, le bon jugement et la subtilité d'une femme sage et fidèle.
Pierre connaît le pouvoir d'un exemple. Pour instruire les esclaves enclins à gémir sous le mauvais traitement de leurs maîtres bourrus, il fait appel à l'exemple de Christ, qui souffrit injustement. De même, les saintes femmes du passé servent d'exemple pour les femmes d'aujourd'hui. Pierre dit qu'elles se paraient d'esprits doux et tranquilles, qu'elles espéraient en Dieu, et qu'ainsi elles devinrent belles. Elles ne fondaient pas leur beauté sur les bijoux, les vêtements, ou les cheveux tressés.
En fait, la Bible parle beaucoup des saintes femmes. Sara, Rébecca, Léa, et rachel suivirent leurs maris dans leur vie de nomade, et s'appuyaient avec eux sur les promesses de Dieu. Peu de gens contesteraient le texte d'Hébreux 11.11 : "C'est par la foi aussi que Sara elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable de donner le jour à une descendance, parce qu'elle tint pour fidèle ce lui qui a fait la promesse." Après Sara, Rébecca devint l'appui de Jacob, la descendance promise. Plus tard, les femmes de Jacob choisirent leur mari de préférence à leur père, lorsque le patriarche décida de quitter leur pays et de entrer en Canaan (Gn 31.14-17).
Miryam, soeur de Moïse, était un "leader" avec Aaron son frère, lorsque les enfants d'Israël quittèrent l'Égypte. Rahab, la prostituée de Jéricho, aida Israël lorsque les espions entrèrent dans le pays. Son nom est donné non seulement dans la liste des fidèles (Héb 11.31), mais également dans la généalogie du Seigneur (Mt 1.5). Parmi les juges, l'un des plus éminents était Débora. Son cantique, en juges 5, est l'un des plus beaux textes littéraires de l'Ancien Testament. L'amour et le dévouement de Ruth et Noémi, la prudence et la sagesse d'Abigail (1Sam 25), le courage et la foi d'Esther, trouvent leur place dans le récit de la relation de Dieu avec son peuple de l'Ancien Testament.
Les histoires des femmes fidèles et engagées ne s,arrêtent pas à la fin de l'Ancien Testament. De Marie à Priscille en passant par Élisabeth et Dorcas, la foi et les bonnes oeuvres des femmes de Dieu continuèrent dans le Nouveau Tesament. Ainsi, c'est une foule de femmes fidèles que Pierre montre aux femmes chrétiennes quand il dit : "Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leur mari" (3.5).
La soumission de ces saintes femmes à leur marifaisait partie du récit de leur fidélité. Quand la soumission est offerte librement, elle n'est pas avilissante. Sara alla jusqu'à s'adresser à son mari avec respect. Loraque les femmes chrétiennes sont soumises à leur mari, elles deviennent les filles spirituelles des femmes de foi telles que Sara.
L'instruction biblique, correctement appliquée, touchera le coeur du lecteur et changera sa vie. Quand on utilise l'Écriture pour montrer du doigt, pour critiquer et condamner, quelque chose ne va pas du tout. Je me trouvais récemment dans une classe biblique où l'on étudiait le texte de Jacques 2, sur la foi et les oeuvres. Un des assistants passa un bon moment à attaquer l'Église pour son manquement dans l'assistance due à l'un de ses parents. Je connaissais la situation : en fait, des personnes généreuses avaient fait un grand effort pour assister, et n'avaient eu pour leur peine que des critiques, sans aucun remerciement. Mais même si l'Église avait échoué (comme c'est le cas parfois, puisqu'elle est faite d'être humains), l'enseignement biblique ne devait pas être utilisé pour accuser, mais plutôt pour se l'appliquer à soi-même. La question n'est pas : "Qui a manqué à son devoir envers moi ?", mais "En quoi ai-je échoué, et coment ce passage peut-il m,aider à être un meilleur serviteur du Seigneur ?"
Les maris et les femmes doivent lire 3.1-7 dans un esprit d'examen de soi. Que la femme lise 3.1-6 en se demandant comment elle peut rendre sa vie plus sainte par l'obéissance aux instructions de l'apôtre. Que le mari lise 3.7 en se demandant si ses actions se conforment à la description de l'attitude du mari faite par Pierre. Si la femme utilise les premiers versets pour prouver que c'est son mari qui est le problème, ou si lui emploie le verset 7 pour châtier sa femme, le pasage est déjà mis à mal. (Comment peut-il être un bon mari si elle est difficile, et comment peut-elle être bonne épouse si elle doit vivre avec un tel monstre ?). De telles tactiques garantissent que chacun des deux sera perdant.
On peut résumer en trois mots l'instruction de l'apôtre auz maris. Bien que Pierre ne consacre qu'un verset aux responsabilités des maris, il faut un homme exceptionnel pour manifester les qualités décrites dans ce verset.
PRÉVENANCE
J'aime fouiner chez les bouquinistes. Parfois je regarde au rayon "psychologie", où se trouvent les livres sur le mariage et les relations familiales. Le nombre de livres écrits dans ce domaine est étonant. Tout le monde a sa formule pour la réussite. On publie par dizaines des manuels sur la vie sexuelle, et ils se vendent bien. Avec tous les livres, les séminaires, les conférences, etc., qui existent sur le mariage, pourquoi est-il si difficile pour les gens d,avoir assez de maturité et de bon sens pour établir des mariages stables et mutuellement satisfaisants ? Laissez-moi vous dire ce qui manque dans la plupart des mariages qui échouent : la précenance. On en a toujours besoin, et aucune formule magique ne peut la produire automatiquement.
Voici la prévenance que le mari devrait avoir pour sa femme : "Ce que tu voudrais qu'elle fasse pour toi, fais-le pour elle." La prévenance, c'est se souvenir de son anniversaire, c'est lui envoyer des fleurs, c'est de sortir les ordures, écouter ses plaintes, ignorer ses défauts, céder à ses désrs, l'aider dans la maison, et mille autres choses. Parfois, la prévenance peut même se traduire par une soumission à sa volonté.
RESPECT
J'ai entendu plusieurs fois un prédicateur prêcher sur les caractéristiques d'un foyer stable. Il disait par exemple : "Pères, savez-vous ce qui est le don le plus précieux que vous puissiez donner à vos enfants ? Celui d,aimer leur mère! Aimez-la de tout votre coeur!" Il avait raison. ce qui distingue une personne que vous aimez d'une personne que vous désirez physiquement, c'est le respect. Respecter une femme, c'est accepter ses opinions et chercher son conseil. C'est apprécier son travail et la soutenir quand elle a besoin d'entendre qu'elle est bonne, gentille et bienveillante. C'est l'impliquer dans les finances du foyer, lui dire quand vous devez travailller tard, lui parler en confident et conseiller dans les problèmes personnels. Être respectueux c'est penser à elle, c'est se montrer bienveillant à son égard.
PARTENARIAT
Pierre dit qu'un mari doit traiter sa femme comme une cohéritère de la "grâce de la vie". Ce mot "cohéritières" suggère une sorte de partenariat, une amitié. Les partenaires partagent les responsabilités et se soutiennent mutuellement. Ils vivent ensemble leur prospérité et leurs moments difficiles. rien n'est plus évident dans un partenariat que sa manière de construire une véritable amitié, intime et durable. Que les maris traitent leurs femmes comme des partenaires !
C'st étonnant : Pierre donne tous ces bons conseils pour établir des mariages forts et stables, sans mentionner, même une fois le mot "sexe". La relation sexuelle entre mari et femme est importante, mais pour Pierre elle constitue apparamment un élément périphérique, par rapport aux autres instructions qu'il adresse aux couples.
Pour éviter à nos sociétés occidentales de s'effrondrer par l'effet de ceux qui cherchent à satisfaire leurs désirs égoïstes, il va falloir que le peuple montre le chemin. Le point de départ d'une société stable et progressive est l'établissement de foyers forts, fondés sur la prévenance et le respect. Depuis quelques années, beaucoup de voix s'élèvent pour dire qu'il faut soutenir la famille, alors qu'en même temps des efforts pour l'affaiblir se font de plus en plus ressentir, trop, en fait, que n'en peut supporter une société saine. Le taux de divorce n'a pas baissé, le nombre d'enfants vivant avec des parents seuls n,a pas diminué, et les conseillers conjugaux sont débordés. Au vingtième siècle, la famille a subi une pression terrible ; sa sécurité et son intimité ont été sacrifiées sur l'autel de l'individualisme hédoniste. Que deviendra-t-elle demain ? Les principes réciproques enseignés par Pierre pourront répondre à l'urgence de la situation.
"TOUTES LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT !" (Rm 16.16b)
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