Ou que l'on regarde aujourd'hui, on est bombardé de messages disant qu'il faut des dents plus blanches, ou bien une meilleure garde-robe et des équippements plus perfectionnés. Les publicitaires savent qu'ils ne vendront leus produits qu,aux consommateurs chez qui ils pourront créer la notion d'un besoin à combler.
De même, les faux enseignants influencent les chrétiens en leur faisant croire qu'il leur manque quelque bénédiction spirituelle. lorsque Pierre écrivait sa deuxième lettre, beaucoup d'enseignants se disaient porteurs de nouvelles révélations.
Pierre assure ses lecteurs que la puissance de Dieu accorde aux chrétiens tout ce dont ils ont besoin, "en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu" (1.3). Grâce au message transmis par Pierre et d,autres comme lui, les chrétiens d'Asie Mineure étaient devenus héritiers de la pleine bénédiction du Christ.
Par l'obéissance au message annoncéepar leurs premiers enseignants, ces chrétiens à qui Pierre écrit sont nés de nouveau pour une nouvelle vie de communion avec Dieu. La Parole reçue leur a donnée les ressources nécessaires pour résister au péché et pour vivre en rachetés et saints. D'autres enseignants ont-ils offert quelque nouvel accès à Dieu, quelques nouvelle norme de moralité? Pierre assure ses lecteurs que le message qu'il leur a communiqué était la pleine révélation de Dieu, qu'il n'y manquait rien.
Les lecteurs de Pierre sont des bénéficiaires à la fois de promesses tenues et de promesses à tenit. Paul dit : "La promesse faite à nos pères, Dieu l'a accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus" (Ac 13.32-33). Avant l'arrivée des derniers enseignants, les lecteurs de cette lettre ont connu le pardon des péchés par le sang de Christ. Ils ont reçu la précieuse promesse du salut au grand jour du Seigneur. Aucune promesse faite par un faux prophète ne pouvait égaler la grandeur de celle déjà obtenues.
Les chrétiens sont unis spirituellement avec Dieu. Paul dit : "Nous avons donc été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême, afin que, comme Christ estressuscité d'entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie" (Rom 6.4) La grâce de Dieu nous permet de participer à la nature divine ; le chrétien devient pur et saint parce que Christ lui accorde le pardon de ses péchés. Ainsi, il est sauvé de la corruption qui existe dans le monde à cause de la convoitise. Ces derniers venus pouvaient-ils offrir une chose quelconque qui s,approchait en valeur à cette participation au divin? Lorsqu'un chrétien entend un enseignant revendiquer un nouvel Évangile, une nouvelle révélation sur le retour de Christ ou quelque interprétation nouvelle de l'Écriture, la prudence est de rigueur. Il doit se poser la question : "L'Évangile que j'ai entendu depuis le début est-il devenu insuffisant ? Ses promesses sont-elles incomplètes ?" Pierre dira clairement dans les prochains versets que lorsque le chrétien se dote abondamment d'un caractère saint, il devient héritier de toutes les promesses de Dieu. Le chemin vers un caractère saint est décrit en 1.5-7, le passage le mieux connu et le plus cité de toute la lettre.
Le voyage chrétien commence par la foi. Mais, comme le dit jacques : "La foi sans les oeuvres est morte" (Jc 2:26). Alors, dit Pierre, "faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu (force de caractère - Semeur)" (1.5). Le chrétien doit ajouter à sa foi les qualités qui contribuent à l'excellence morale et à l'intégrité personnelle. A cette excellence morale, il faut ajouter "la connaissance" (1.5). Dans le contexte, il s'agit de cette "sagesse de Dieu" mentionnée par Paul en 1Corinthiens 2.7 et qui consiste en la connaissance de la vérité de Dieu et l'emploi de cette connaissance pour la gloire de Dieu. A la connaissance nous devons ajouter "la maîtrise de soi" (1.6). cette qualité figure dans la liste des fruits de l'Esprit (Ga 5.23). L'un des proverbes de Salomon dit :
A la maîtrise de soi, nous devons ajouter la "persévérance" ou la "patience" (FC), un mot qui suggère parfois l'idée moderne de résignation passive. Mais le terme grec se traduit mieux "l'endurance dans l'épreuve" (SEM). A la persévérance nous ajoutons la "piété" (1.6). Cette qualité décrit notre manière d'agir lorsque notre vie est en harmonie avec Dieu, lorsque tout ce que nous faisons est entrepris dans le but de l'honorer et de lui plaire.
A la piété nous devons ajouter la "fraternité" (1.7). Le même mot grec est employé en 1 Pierre 1.22 et un mot semblable se trouve en 1 Pierre 3.8 ("Aamour fraternel"). dans la littérature profane, il signifiait souvent l'amour d'un frère dans la chair. Dans le Nouveau Testament, bien entendu, il signifie l'amour entre frères en Christ.
A la fraternité, dit Pierre, doit s'ajouter "l'amour" (1.7). Comme Paul en 1Corinthiens 13.13, Pierre garde les meilleures vertus pour la fin. Ce mot contient un concept si grandiose qu'il serait impossible de le résumer en une seule phrase.
Pierre n'a pas laissé son sujet principal, qui est d'aider ses lecteurs à affronter efficacement les faux enseignants. Ainsi : "Si ces choses existent en vous et s'y multiplient, elles ne vous laisseront pas sans activité ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ" (1.8). Lorsqu'un chrétien remplit sa vie amplement avec les vertus données en 1.5-7, et en plus qu'il les pratique, la connaissance de Christ lui sera donnée comme effet secondaire naturel. Pierre parle d'une connaissance non théorique mais pratique. Les deux ne se ressemblent pas. Une personne, par exemple, qui lit beaucoup sur la gymnastique ne connaîtra la gymnastique qu'après s'être investie longuement dans la pratique de ce sport.
Il en est de même dans le domaine spirituel. On peut lire sur la persévérance, mais on ne connaîtra pas personnellement cette qualité avant de l'avoir vécue. Il en va de même avec la maîtrise de soi. Connaître ces grâces chrétiennes, c'est connaître Christ. Le "faire" engendre le "savoir". L'apôtre nous assure que si ces qualités abondent en nous, nous serons actifs et productifs dans la connaissance de notre Seigneur. Celui qui confesse le Christ et qui pourtant ne manifeste pas ces applications pratiques de l'enseignement chrétien est aveugle, il a oublié (c'est-à-dire il ne sait pas) qu'il a été purifié de ses anciens péchés (1.9).
Dieu appela un peuple qu'il élut et choisit pour porter son nom et pour lui appatenir en propre. Ce concept est profondément enraciné dans le corps de doctrine de l'Ancien Testament. Après l'octroi de la loi de par Moïse au peuple choisi par Dieu, on devenait élu en vertu dre sa naissance. Depuis l'établissement de la nouvelle alliance par le Christ, on devient élu en vertu de sa foi. Le souci de Pierre dans cette lettre est que le manque de connaissance de la part de ses lecteurs aura pour résultat de les déchoir de l'état d'élus (1.10). La doctrine selon laquelle une personne sauvée ne peut jamais être perdue est étrangère aux Écritures. Lorsque nous affermissons notre vocation et notre élection, dit Pierre, nous allons vivre fidèles et il nous sera largement accordé une entrée dans le royaume éternel de notre Dieu (1.10-11). Pierre insiste qu'il n'enseigne rien de nouveau, mais que son but est de leur rappeler ce qu'ils savent déjà (1.12). En effet, plutôt que d'entendre de nouveaux enseignements, nous avons parfois davantage besoin que l'on nous rappelle ce que nous savons. Les personnes instables et sans maturité cherchent toujours quelque chose de nouveau, quelque de plus. La Bible nous affermira solidement dans la vérité. Chaque enseignement que nous entendons doit être comparé à ce que nous lisons dans la révélation de la Parole de Dieu.
A la différence de la première épître, la deuxième épître de Pierre comporte des allusions à des évènements de la vie de l'apôtre, et que nous pouvons identifier à partir des Évangiles. En 2 Pierre 1.14, il fait allusion aux paroles de Jésus à son égard :
Pierre comprend à présent qe le moment est venu pour l'accomplissement de la prophétie du Seigneur.
En 1.15, Pierre se réfère non à un évènement du passé, mais à ses projets pour l'avenir : "Mais j'aurai soin qu'après mon départ vous puissiez en toute occasion vous en souvenir." Il veut qu'après sa mort ses lecteurs puissent avoir accès à ce que le Christ lui a révélé. Il est probable qu'il parle de son intention de leur laisser un récit de la vie de Christ. Or il n'existe aucun Évangile de Pierre, mais selon le témoignage de la première Église, l'autorité de Pierre soutient l'Évangile de Marc. Il est donc possible que cet Évangile constitue le résultat de l'effort promis par Pierre.
Le verset 16 dit : "Ce n'est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons vu sa majesté de nos propres yeux." Ainsi, Pierre établit la différence entre son autorité et celle des faux prophètes. Leur enseignement résultait en en des "fables habilement conçues" (1.16). En 1.1-21, Pierre donne deux raisons importantes de choisir le message des apôtres plutôt que celui des fables.
Premièrement, Pierre était un témoin oculaire. En 1 Pierre 5.1 et en 2 Pierre 1.16, l'apôtre prend à témoin cette réalité comme base de son autorité. Dans la deuxième lettre, il se réfère à un incident spécifique (1.17-18), ce qu'il n'avait pas fait dans la première. Il s'agit sans aucun doute d'un évènement raconté souvent et en personne à ces chrétiens : Pierre, jacques et Jean avaient été avec le Seigneur sur la montagne de la transfiguration lorsque Moïse et Élie lui parlèrent. Et il se passa une chose encore plus extraordinaire. La gloire de Dieu parla d'en haut et témoigna : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection" (Mt 17.1-5; Marc 9.2-7) ; Luc 9.28-35). Dans les trois Évangiles qui donnent ce récit, Dieu ajouta : "Écoutez-le".
Deuxièmement, le message de Pierre est appuyé par le témoignage des prophètes. Les faux enseignants n'ont ni récits de témoins ni le soutien des prophètes de Dieu. Pierre conseille à ses lecteurs de faire attention aux paroles des prophètes. Le verset 20 ne signifie pas que l'on n'a pas le droit d'interpréter l' Écriture pour soi-même; autrement, comment connaître l'application de la Parole de Dieu à nous-même ou à quelqu'un d'autre? Pierre dit plutôt que les prophètes n'agissaient pas par "initiative personnelle" (SEM). C'est Dieu lui-même qui les inspirait. D'où le vrai poids, la véritable autorité de ces prophéties.
Dans le premier chapitre, Pierre ne met pas l'accent sur la souffrance de ses lecteurs, mais sur leur connaissance. Il se soucie des faux enseignants qui sont entrés dans les assemblées et qui menacent de leur enlever la vie qu'ils viennent juste d'obtenir. Pierre leur rappelle les grandes et précieuses promesses dont ils sont héritiers. Il les appelle à croître en connaissance par l,assimilation des vertus chrétiennes, ce qui les rendra productifs.
Il est important que ces chrétiens comprennent la source apostolique de l'autorité de Pierre. Il contraste implicitement son témoignage et celui des faux enseignants, arrivés depuis peu. En plus, Pierre prend à témoin pour son message, celui des prophètes.
Nous pouvons, nous aussi, apprendre des paroles de Pierre. Les faux enseignants ne sont pas un phénomènelimité au premier siècle. Chaque génération doit scruter les Écritures et examiner toute doctrine. L'Église moderne a besoin du rappel de Pierre : "Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piét, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu" (1.3).
"TOUTES LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT !" (Rm 16.16b)
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