MÉFIEZ-VOUS DES FAUX PROPHÈTES


Lorsque Pierre décrit les faux enseignants qui répandent la discorde dans les assemblées de l'Église du Seigneur, il dit en sommes aux chrétiens : "Vous risquez d'être dupés ". Les doctrines trompeuses varient de génération en génération ; la tromperie, elle, est une donnée constante. Il nous serait certes intéressant de connaître les doctrines de ces enseignants, mais leur fruit et leur manière de vivre, questions plus centrales déjà, constituent pour nous une instruction plus apte à nous équiper pour affronter les hérésies.

ILS FONT CALOMNIER LA VOIE
DE LA VÉRITÉ (2.1-9)

Les confrontations sont, par définition, désagréables, et la plupart d'entre nous les évitent le plus souvent possible. Mais parfois, éviter la confrontation, c'est se montrer lâche. Quelquesfois, des choses horribles ont lieu au nez d,hommes et de femmes qui devraient agir mais qui préfèrent rester tranquilles, laissant aux arrogants et aux égoïstes le soin de prendre les choses en main. L'Écriture dit :

Une fontaine troublée et une source corrompue,
Tel est le juste qui chancelle devant le méchant
(Proverbes 25.26)

Pour honorer Dieu et maintenir ses doctrines, il faut que les gens purs. bons et sages aient le courage de parler. Les faux enseignants ont déjà dupé certains des lecteurs de Pierre ; mais d,autres sont restés tout simplement passifs. C'est ceux-là qu'il veut rallier à sa cause, qui est de défendre la vérité.

Il faut s'y attendre

Malgré les mises en garde des deux testaments, pour beaucoup l'Église doit ressembler plus à un lit douillet qu'à un champ de bataille. Plusieurs faux prophètes firent leur apparition dans le texte de l'Ancien Testament (2.1). Jérémie s'opposa à beaucoup d'entre eux, qui asuraient le peuple de Jésuralem que tout irait bien, que Dieu ne permettrait jamais que son temple soit détruit, et qu'un Fils de David régnerait toujours sur son peuple. Non seulement Jérémie devait-il supporter le poids de son message peu populaire, mais aussi le ridicule de ceux qui revendiquaient, eux aussi, un message venant de Dieu.

Pierre assure que, comme dans les anciens temps, il y aura des faux prophètes dans l'Église (2.1). Paul donne un avertissement semblable aux anciens de l'Église d'Éphèse : "Je sais que parmi vous, après mon départ, s'introduiront des loups redoutables qui n'épargneront pas le troupeau et que du milieu de vous se lèveront des hommes qui prononceront des paroles perverses, pour entraîner les disciples après eux" (Ac 20.29-30). Malgré ces avertissements, les chrétiens sont souvent complètement pris de court lorsque les faux enseignants troublent la paix de l'Église. Face à la controverse, parfois les chrétiens se découragent et sont déchus de la grâce. (2.2)

Certes, il est possible de développer un intérêt morbide pour les controverses destructives et de détourner ainsi notre attention et nos énergies des choses bien plus importantes, telles que l'enseignement des gens hors de Christ. Néanmoins, Pierre semble nous dire que le chrétien doit connaître assez les doctrines de Christ pour pouvoir affronter l'erreur religieuse. Les faux enseignants introduiront insidieusement des hérésies nuisibles. Ces hérétiques, et ceux qu'ils trompent, attireront la honte sur la voie de la vérité.

Dieu sera leur juge

Que les chrétiens confrontent ou non les faux prophètes, qu'ils les suivent ou qu'ils exposent leurs erreurs, dans tous les cas Dieu jugera les hérétiques. Pierre maintient que Dieu a toujours jugé ceux qui se rebellent contre lui, et qu'il fera la même chose en cette occasion. Son raisonnement de "cause à effet" est difficile à disputer. Les exemples qu'il choisit pour illustrer sa logique sont particulièrement intéressants.

D'abord, Pierre dit que Dieu n'épargna les anges qui péchèrent, mais qu'il les jeta dans les "abîmes de ténèbres" (2.4). Selon une légende tenace parmi les chrétiens, Satan est un ange de Dieu devenu rebelle et que Dieu a exclu de sa présence ; il parcourt la terre en tentateur et adversaire de l'humanité. Or, pour trouver Satan dans le texte de 2.4, il faudrait beaucoup d'imagination. Nous ne connaissons rien de plus sur ces anges que ce qui est dit ici. Quant à Satan, nous ne savons rien de ses origines et très peu de son histoire. Naturellement, nous voulons en savoir plus ; mais nous devons nous contenter de ce que Dieu a daigné nous révéler.

Quand on parle de Satan, certains passages viennent toujours à l'esprit. L'un de ces passages est Ésaïe 14.12, où le mot hébreux pour "astre brillant du matin" a été remplacé, dans certaines anciennes versions, par le latin "lucifer", qui signifie la même chose. Le contexte du passage montre que le prophète contrastait la gloire élevée du roi de Babylone (appelée symboliquement "astre brillant"), et la désolation absolue dans laquelle il devait tomber. Aucune mention de Satan n'est faite.

En Luc 10.18, Jésus dit avoir vu Satan tomber du ciel comme un éclair. Bien que Satan soit mentionné dans ce passage, un regard sur le contexte révélera que cette chute est symbolique, par rapport au pouvoir miraculeux donné par Jésus aux soixante-dix (ou bien les soixante-douze), envoyé en mission limitée. Le passage ne parle pas de Satan comme d'un ange jeté hors du ciel.

Un autre passage souvent mentionné dans le contexte de l'origine de Satan, est l'Apocalypse 12. Dans une section très imagée se trouvant dans un livre tout aussi imagé, le texte dit que Satan fit la guerre avec Dieu et fut jeté sur la terre. Il est à noter que dans le même passage, une femme revêtue du soleil enfante un fils, qui est apparemment le Christ. ceux qui insisteraient sur une interprétation littérale du passage seraient sûrement intéressés de savoir comment une femme peut se revêtir du soleil. Je répète : la Bible et encore moins 2 Pierre 2.4, ne nous révèle rien sur les origines de Satan.

Lorsque dans 2.4 Pierre dit que les anges ont été précipités dans lews abîmes des ténèbres", il emploie un terme qui ne se trouve qu'ici dans la Bible. Il s'agit d'une forme verbale du mot "Tartare", un terme venant de la mythologie grecque et désignant un lieu se situant au-dessous du séjour des morts. Certains commentateurs pensent que le "Tartare" n'est qu'une région du séjour des morts, ce qui ne peut être exclu complètement ; mais il serait difficile de prendre un seul mot du passage et d'en tracer un plan du séjour des morts. La spéculation ne fait pas de mal, pour autant que l'on n'en fasse pas des doctrines chrétiennes et que l'on ne perde pas de vue ce que la Bible enseigne sur le même sujet. Pierredit que Dieu n'a pas épargné les anges. Le point qui importe pour nous est celui-ci : il n'épargnera pas non plus les faux enseignants.

Il se peut que l'image de Dieu qui livre ses anges au jugement soit bien connue des premiers lecteurs de cette lettre, bien que ce ne soit pas le cas pour nous. Mais la prochaine illustration est aussi bien connue de nos jours qu'aux jours de l'antiquité. L'apôtre note que Dieu n'épargnera pas le monde antédiluvien des jours de Noé (2.5).

La troisième illustration de Pierre vient de l'époque d'Abraham. Tout comme ila jugé les anges et le monde des jours de Noé, Dieu a jugé les anicennes villes de Sodome et Gomorrhe (2.6-8). Il a délivré Loth comme il a délivré Noé. "Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux et réserver les injustes pour les châtier au jour du jugement" (2.9). Cela a toujours été vrai, et cela devait être vrai pour les faux enseignants qui troublaient les assemblées d'Asie Mineure.

ILS SONT PRÉSOMPTUEUX ET ARROGANTS (2.10-16)

Parfois un chrétien pose en toute sincérité des questions concernant la Bible et son enseignement, exprimant dans la foulée des opinions contraires à la doctrine biblique. Dans de tels cas, un chrétien mûr doit répondre doucement et fermement, utilisant la Bible comme point de départ. Mais ce n'était pas les jeunes, ou les inexpérimentés ou les chercheurs sincères de la vérité qui répandaient les hérésies destructives dans ces Églises. Aussi Pierre décida d'agir avec détermination.

Ils sont arrogants

Le chemin vers la croissance passe, pour beaucoup, par les questions sincères et réfléchies. Quand notre question s'accompagne d'un esprit partisan, ou quand nous désirons plus défendre notre point de vue que raisonner ou regarder l'évidence, des problèmes se multiplient. Il est trop facile de développer cette mentalité hautaine. Les gens butés et entêtés ont du mal parfois à se reconnaître.

Pour Pierre, un manque arrogant de respect constitue un des signes d'un faux enseignant : "Ils ne craignent pas d'injurier les gloires" (2.10). La Bible en Français Courant traduit : "Ils n'ont pas de respect pour les êtres glorieux du ciel". Qu'il s'agisse d'êtres angéliques ou humains, il est évident que ces faux enseignants ne respectent pas ceux dont l'autorité. la puissance ou la connaissance dépasse la leur (2.11). Ainsi, il n'est pas surprenant qu'ils deviennent blasphémateurs devant ce qu'ils ne comprennent pas (2.12). Pierre suggère que ces enseignants méprisent toute personne plus instruite, plus expérimentée ou plus pieuse et qui oserait ainsi les enseigner. Ils se précipitent, s'affichant avec des opinions et lançant des accusations, là où même les anges demeureraient dans le silence.

Ces enseignants qui conduisaient loin du Christ les lecteurs de Pierre, utilisaient allègrement le mot "liberté". L'esclave et la misère que les gens attirent sur eux-mêmes au nommde la liberté, font partie des grands paradoxes de la vie. La vérité centrale de l'enseignement de Christ est celle-ci : On ne trouve la vie que par le renoncement à soi-même. Le "grain de blé" doit mourir avant de pouvoir vivre (Jn 12.24). Cette pensée est développée en des formes différentes dans les passages suivants : Matthieu 10.39 ; 16.25 ; Marc 8.35 ; Luc 9.24 ; 14.26 ; 17.33 ; Jean 12.25.

Certaines libertés excluent, par définition, d,autres libertés. La liberté d'avoir une famille heureuse exclut toute liberté d'adultère. La liberté d'avoir la pensée claire et une bonne santé exclut la liberté de consommer de l'alcool de façon immodérée. La liberté d'être un homme ou une femme honnête exclut la liberté de mentir, de voler et de tricher. Chacun doit décider quelles libertés sont les plus importantes pour lui. Selon Pierre,ces faux enseignants qui promettent la liberté, sont eux-mêmes des esclaves. Puis il ajoute cette remarque poignante : "Chacun est l'esclave de ce qui a triomphé de lui" (2.19). Les hommes inspirés qui rédigèrent le Nouveau testament n'ont pas considéré la liberté chrétienne comme une permission pour l'auto-indulgence. Jacques dit que l'Évangile est "la loi parfaite, la loi de la liberté" (Jc 1.25 ; 2.12). Paul écrit : "La loi de l'Esprit de vie en Christ-Jésus m'a libéré de la loi du péché et de la mort" (Rm 8.2).

Ce qui est tragique est que les faux docteurs attirent de nouveau convertis, et ce faisant ils leur ferment à jamais la porte du royaume. Pierre dit : "Car mieux valait, pour eux, n'avoir pas connu la voie de la justice, que de l'avoir connue et de se détourner su saint commandement qui leur avait été donné" (2.21). être attiré dans des embrouilles parmi ceux qui prétendent porter le nom de Christ, est la chose la plus destructrice qui puisse arriver à un nouveau chrétien. Pour illustrer l'état du nouvellement converti qui, dégoûté, retourne dans le monde, Pierre choisit un proverbe se Salomon (Pr 26.11). Celui qui retourne dans le monde après avoir connu le Christ, dit-il, est comme le chien qui retourne à son vomissement et la truie qui retourne à son bourbier. (2.22).

CONCLUSION

Le but de Pierre dans sa première lettre était de fortifier des chrétiens aux prises avec la souffrance due à des forces extérieures. Cette tâche, comparée aux problèmes confrontés dans 2 Pierre, avait été pour ainsi dire, une promenade de santé. L'Église a toujours bien résister aux persécutions venues de l'extérieur ; elle résiste moins bien aux forces destructrices venues de l'intérieur. Si l'Église du Christ va attirer le monde à Christ, les chrétiens devront avoir le courage de confronter les problèmes intérieurs.

cette lettre fait part de certains événements tragiques ; mais elle est écrite afin d'éviter un plus grand encore : la compromission du message de Christ. C'est une belle chose de voir les frères et soeurs demeurer ensemble dans l'unité, obéissant À LA MISSION QUE LE CHRIST A DONNÉE À SON ÉGLISE. Mais les chrétiens ne devraient pas être surpris par quelque dissension interne occasionnelle.


MERCI DE VOTRE VISITE

"TOUTES LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT !" (Rm 16.16b)

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