On trouve deux thèmes principaux dans la première épître de Pierre. Bien qu'ils restent parfois cachés sous les exhortations et les instructions de Pierre, ils reviennent souvent à la surface, comm ele refrain dans une grande oeuvre musicale. Le premier thème est tout simplement l'encouragement. Pierre encourage des chrétiens pour qui la souffrance est le prix de leur foi. ce refrain, qui ne se trouve jamais loin du devant de la scène, s'entend clairement en 1.6-9 ; 3.13-17 ; 4.12-19 ; 5.9-10. Le deuxième thème est exrêmement explicite : "La fin de toutes choses est proche ; soyez donc sensés et sobres en vue de la prière" (4.7). Dans 1.7, les deux thèmes convergent quand Pierre dit que la "foi éprouvée" sera "un sujet de louange, de gloire et d'honneur, lors de la révélation de Jésus-Christ". Pierre enseigne donc aux chrétiens le moyen d'affronter les difficultés et les revers, en leur rappelant le retour du Seigneur et le triomphe de son peuple.
Connaissant le Pierre des Évangiles et du livre des Actes, il ne nous est pas nécessaire de repasser son appel ou ses premiers pas trébuchants de disciples (voir Mt 4.18-22 ; 14.22-33; 16.13-23 ; 17.1-8 ; 26.31-46,69-75). C'est au début de l'Église, au jour de la Pentecôte et après, que les qualités de dirigeant chez Pierre se manifestèrent. Au moment où les disciples étaient troublés par des incertitudes et menacés de dividion par des questions difficiles, Pierre fut une colonne, une forteresse puissante ( voir Ac 1.15-16 ; 2.14-39 ; 3.1-26 ; 4.1-22 ; 9.32-43 ; 10.1-48). Vu le rôle de "leader" tenu par Pierre parmi les apôtres, on aurait cru qu'il écrirait un plus grand pourcentage du Nouveau testament : le volume de ses écrits est loin de celui de Paul et même de celui de Jean. Mais les deux petites lettres qu'il écrivit contiennent des aperçus sur la relation entre Christ et son peuple, que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.
Pourquoi Pierre prit-il la plume ? Qui étaient ceux à qui il s'adressa, où habitaient-ils, comment Pierre apprit-il leurs épreuves ? Où se trouvait-il lorsqu'il écrivait, et dans quelles conditions vivait-il ? La lettre nous offrira son message, et nous trouverons, nous aussi, le courage, l,espérance et la joie lorsque nous nous placerons dans le monde du premier siècle, celui de Pierre et de ceux à qui il écrivait.
Après la prédication de Pierre et son ministère au début du livre des Actes, la Bible ne fait que quelques rares allusions à lui. paul mentionne, dans sa lettre aux galates, la présence de Pierre à Antioche Ga 2.11) ; il semble qu'il avait été également à Cotinthe ( 1Co 1.12). Bien que ne disposant que de peu d'information directes, il nous est évident que Pierre ne chômait pas. Il est possible et même probable que ses voyages missionnaires avaient lieu en même temps que ceux de paul. Ses paroles d'introduction au premier verset de sa première épître indiquent, sans doute, une oeuvre missionnaire étendue.
Il semble qu'au milieu des années 60, Pierre et Paul aient été emmenés tous deux de force à Rome. Une lettre connue sous le nom de 1 Clément, envoyée par l'Église de Rome à l'Église de Corinthe dans les années 90, indiquait que les deux apôtres étaient morts à Rome. Paul écrivit sans sa dernière lettre, 2 timothée, de Rome. en plus, l'allusion à Babylone en 1Pierre 5.13 constitue sans doute un commentaire sur cette ville. De toute façon, Rome est également appelé Babylone dans l'Apocalypse (17.5,18), une lettre adressée à quelques-unes des mêmes Églises que la première épître de Pierre. La référence ouverte à babylone soutien la tradition selon laquelle Pierre se trouvait à Rome. Son martyre ayant eu lieu vers 67 après Jésus-Christ, sa première lettre fut écrite environ deux années auparavant. Des voyageurs venant du monde entier s'arrêtaient à Rome, comme ils s'arrêtent aujourd'hui dans une grande ville moderne comme Paris ou Montréal. Certains d'entre eux étaient chrétiens, et ils informaient sûrement Pierre des besoins et des épreuves des Églises de l'Asie Mineure. C'est ainsi que se créait l'occasion de la rédaction de cette lettre.
La première lettre de Pierre s'adressait aux Églises sur un grand territoire couvrant quasiment toute l'Asie Mineure, ce qui correspond plus ou moins à la Turquie moderne. Au milieu du premier siècle, les cinq régions mentionnées en 1 Pierre 1.1 -- le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie -- constituaient quatre grandes provinces romaines. Le conquérant Pompeï avait annexé la plupart du Pont à la Bithynie. D'autres partie du Pont, plus petites, avaient été jointes à la galatie et à Cappadoce. Le Pont-Bithynie devint une province qui s'étendait à travers le nord et l'ouest de l'Asie Mineure sur la côte de la Mer Noire. La Cappadoce était la province la plus à l'est, relativement isolée et inaccessible. La Galatie était une grande étendue de terre au milieu du sous-continent. La province d'Asie était le joyau de la région, située à l'ouest, sur la Mer Égée et couverte de villes grecques prospères. Il est difficile de connaître le nombre de chrétiens dans les régions retirées comme le Pont et la Cappadoce, au milieu des années 60 après J.C.; mais au jour de la Pentecôte, lorsque Pierre prêcha à Jérusalem, il se trouvait dans la ville des viditeurs venant de ces régions.
Certains conflits s'étaient développés entre les chrétiens et les sociétés dans lesquelles ils vivaient, car Pierre parle de leur foi éprouvée par le feu (1.7) et de la "fournaise" qui les éprouvait (4.12). Il ne dit que peu au sujet de la source de leur souffrance. Elle venait peut-être en partie des voisins qui les ridiculisaient et leur rendaient la vie généralement difficile. Il est probable que les préjugés et les hostilités qui accompagnent souvent les nouvelles philosophies avaient fini par faire accuser les chrétiens de crimes et les faire traîner devant les tribunaux des villes. Les uns étaient sans doute battus, d,autres tués. Pierre leur rappelle la grandeur du salut qu'ils ont reçu (1.2,9) . Ils ont été rachetés et sanctifiés (1.15-16, 18, 23). Jésus doit revenir (1.7, 13 ; 4.7). Au milieu de la douleur, on peut trouver une raison de traissaillir d'allégresse (1.8). Avant tout, ils ne doivent donner aux non croyants aucune véritable cause de haine (2.12); ils doivent demeurer saints et bons (2.1-2), bénissant ceux qui leur font du mal (3.9). Même leur persécution doit constituer une occasion de réaffirmer leur foi et de témoigner de Jésus, Sauveur de toute l'humanité (1.7).
"TOUTES LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT !" (Rm 16.16b)
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